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Les secrets de Chantal

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CHAPITRE 2 : Les Secrets de Chantal


11h30, mercredi 27 février 2025 Maison de Chantal Bardot, Le Bois-Juquaud


La maison de Chantal Bardot est une petite bourrine qui semble avoir été conçue par quelqu'un qui avait des opinions très arrêtées sur la notion d'espace personnel — à savoir qu'il n'en faut pas trop. Les murs blancs craquelés, le toit de chaume affaissé, les volets bleus délavés par le sel marin, tout respire la simplicité fonctionnelle et le refus catégorique du superflu. C'est le genre de maison qui dit : "J'existe depuis cent ans, je survivrai cent ans de plus, et vos problèmes existentiels modernes me fatiguent."

Un jardin minuscule mais impeccablement entretenu borde la façade : des rangs de poireaux, quelques plants de tomates sous cloche, un carré d'herbes aromatiques qui embaume le thym et le romarin. Une glycine centenaire grimpe sur la façade ouest, ses branches noueuses comme des veines apparentes sur une main de travailleur manuel.

Chantal nous accueille à la porte avec un sourire qui pourrait faire fondre du granit.

— Entrez, entrez ! Ne restez pas là comme des hérons attendant le poisson ! Vous allez attraper la crève, et moi je veux pas avoir de morts supplémentaires sur la conscience !

Elle rit — un rire tonitruant, généreux, qui remplit tout l'espace disponible et déborde dans les coins. C'est le rire de quelqu'un qui a traversé suffisamment d'épreuves pour savoir que l'humour est la seule arme valable contre l'absurdité cosmique.

Nous entrons. L'intérieur est une capsule temporelle vivante. Le sol en tomettes rouges craque sous nos pas. Les murs sont couverts de photos jaunies, de coiffes maraîchines encadrées, de vieilles affiches publicitaires pour des marques disparues. Une odeur de pain chaud, de jambon fumé et de café fort flotte dans l'air comme une bénédiction olfactive.

La cuisine — qui semble être aussi le salon, la salle à manger et le centre névralgique de l'univers local — est dominée par une immense table en bois massif, patinée par des décennies d'usage. Chantal y a disposé un festin impromptu : du préfou maison (cette brioche vendéenne à l'ail qui justifie à elle seule l'existence de la gastronomie régionale), des tranches épaisses de jambon de Vendée, du beurre salé, une miche de pain encore fumante, et un pichet de vin rouge qui a l'air d'avoir une opinion très ferme sur la tempérance.

— Asseyez-vous ! ordonne Chantal en nous désignant des chaises. Un flic qui a faim, c'est un flic qui enquête mal. J'ai connu votre prédécesseur, le commissaire Leblanc. Il refusait de manger chez les témoins. Il a jamais rien résolu, ce con.

Fracas s'assoit immédiatement, yeux brillants de gourmandise. Je reste debout, observant la pièce avec l'attention d'un professionnel qui sait que chaque détail compte.

Sur le manteau de la cheminée, une série de photos encadrées : Chantal jeune, en coiffe traditionnelle, devant une bourrine. Chantal plus âgée, entourée d'enfants. Chantal récente, tenant un livre : "Vivre en Bourrine : Mémoires du Marais Breton" — autoédition, visiblement.

— Vous avez écrit un livre sur les bourrines ? je demande.

— Quarante ans que je vis dedans, répond-elle en coupant le pain avec une lame qui pourrait découper du marbre. J'ai bien le droit de raconter. Personne d'autre le fera. Les jeunes, ils veulent du parpaing et du double vitrage. Moi, je veux que la mémoire survive.

Elle me tend une assiette déjà garnie. Refuser serait une insulte. Je m'assois.

— Madame Bardot…

— Chantal. Madame Bardot, c'était ma belle-mère, et elle était une emmerdeuse de première catégorie. Appelez-moi Chantal ou j'arrête de coopérer.

— Chantal, donc. L'agenda que nous avons trouvé dans la bourrine mentionne vos initiales. C.B. Et une note de Marguerite Vrignaud disant que vous "saviez". Que saviez-vous exactement ?

Chantal pose son couteau, s'essuie les mains sur son tablier, et son visage perd soudain toute trace d'humour. Elle devient grave, presque solennelle.

— Je savais que Marguerite allait mourir. Elle me l'avait dit. Trois semaines avant sa mort, elle est venue ici, dans cette cuisine, et elle m'a dit : "Chantal, ils vont me tuer. Pour mes terres. Parce que je refuse de vendre."

Le silence qui suit est épais comme de la mélasse.

— Qui voulait ses terres ? je demande doucement.

— Les Giraudeau. Le père de l'actuel maire. Robert Giraudeau. Il était conseiller municipal à l'époque, déjà corrompu jusqu'à l'os. Il voulait acheter tout le charraud sud pour un projet de zone commerciale. Marguerite, elle avait hérité de dix hectares de son mari, mort en 1975. Elle refusait de vendre. Pas pour l'argent. Pour la mémoire. Son mari avait travaillé ces marais toute sa vie. Elle voulait que ça reste sauvage.

Chantal se lève, va chercher une boîte en fer-blanc sur une étagère haute, et la pose sur la table avec une délicatesse qui contraste avec ses gestes habituellement énergiques.

— Après sa mort, j'ai trouvé ça caché dans sa bourrine. J'aurais dû le donner aux gendarmes. Mais j'avais peur. Les Giraudeau, ils étaient puissants. Ils connaissaient tout le monde. Et moi, j'étais juste une vieille du marais. Qui allait me croire ?

Elle ouvre la boîte. À l'intérieur : des lettres manuscrites, des coupures de journaux, et une enveloppe kraft scellée avec du ruban adhésif jauni.

— J'ai gardé ça pendant trente-huit ans. Comme une lâche. Et maintenant, un autre homme est mort dans la même bourrine. Peut-être que si j'avais parlé en 1987…

Sa voix se brise légèrement. Ce n'est pas du théâtre. C'est de la culpabilité authentique, vieillie comme un bon vin, amère et tenace.

Je prends la boîte avec précaution, enfile mes gants en latex, et commence à examiner le contenu.

Les lettres sont signées par Marguerite. Certaines adressées à un avocat — jamais envoyées, apparemment. D'autres à un notaire de Challans. Elles documentent des pressions, des menaces voilées, des offres d'achat de plus en plus agressives. Une lettre mentionne explicitement : "Monsieur Giraudeau m'a dit que si je ne vendais pas, je le regretterais. Il a dit ça en souriant. J'ai eu peur."

Les coupures de journaux datent d'avril 1987. "Une habitante du Marais Breton retrouvée morte dans sa bourrine"Ouest-France, 8 avril 1987. L'article est bref, factuel : Marguerite Vrignaud, 68 ans, retrouvée décédée chez elle. Causes naturelles. Pas d'enquête.

Causes naturelles.

Comme c'est pratique.

— Comment est-elle morte exactement ? je demande.

Chantal hésite.

— On a dit qu'elle avait fait une crise cardiaque. Mais quand je l'ai vue — j'étais là quand les gendarmes sont arrivés — elle avait la même expression que votre Malvaux. Les yeux grands ouverts. La bouche tordue. Comme si elle avait vu quelque chose d'horrible avant de mourir.

— Empoisonnement, je murmure.

— C'est ce que je me suis dit. Mais personne voulait m'écouter. Et puis, deux semaines après sa mort, le projet de zone commerciale des Giraudeau a été abandonné mystérieusement. Comme si Marguerite morte, ça servait plus à rien.

Fracas, qui jusqu'ici avait mangé en silence (exploit remarquable pour lui), lève soudain la tête.

— Attends, Chantal… Si elle est morte et que le projet a été abandonné… Pourquoi ? Qui a hérité de ses terres ?

— Son petit-neveu. Joël Renaud. Il avait onze ans à l'époque.

Le nom résonne dans ma tête comme une alarme.

Joël Renaud. Le paludier. Celui qui refuse de vendre ses terres aujourd'hui. Celui qui a un mobile pour tuer Malvaux.

— Joël était proche de Marguerite ? je demande.

— Très. Elle l'élevait pratiquement. Ses parents étaient morts dans un accident de voiture en 1982. Marguerite l'avait pris chez elle. Il vivait avec elle dans la bourrine.

— Donc il était là en 1987. Quand elle est morte.

Chantal hoche la tête lentement.

— Il était là. Il l'a trouvée. Le pauvre gosse. Onze ans, et il découvre sa tante morte dans la cuisine. Ça marque, un truc comme ça.

Mon cerveau travaille à toute vitesse, connectant les points comme un jeu de fils électriques dangereux.

Joël Renaud : témoin enfant de la mort de Marguerite. Héritier de ses terres. Refusant de vendre à Malvaux. Connaissant parfaitement les traditions du marais, les plantes, les poisons potentiels.

Mobile : vengeance différée. Tuer Malvaux comme Marguerite a été tuée. Reproduire le meurtre de 1987 pour que la vérité éclate enfin.

C'est trop évident.

Ou alors c'est exactement ça.

À ce moment précis, Fracas se penche pour attraper un morceau de préfou, renverse son verre de vin rouge sur la table, pousse un juron étouffé, se précipite pour éponger avec sa serviette, et dans sa panique maladroite, fait tomber toute la pile de photos qui était posée au bord de la table.

Les clichés s'éparpillent sur le sol en tomettes comme un jeu de cartes lancé en l'air.

— Merde ! Pardon ! Pardon Chantal ! Je suis vraiment un boulet !

Chantal éclate de rire.

— T'inquiète mon petit ! Les photos, elles ont survécu à pire que du vin renversé !

Fracas, rouge jusqu'aux oreilles, se met à quatre pattes pour ramasser les clichés. Je soupire théâtralement.

— Fracas, tu as une relation à la gravité qui défie les lois de la physique. C'est pas de l'incompétence, c'est du talent inversé.

— Désolé patron…

Il ramasse les photos une par une, les empilant maladroitement. Puis soudain, il se fige.

— Hector… Hector, regarde ça.

Il me tend une photo. Non, en fait, deux photos scotchées ensemble, dos à dos, qui se sont décollées avec l'humidité du vin.

La première photo montre Chantal jeune, devant une bourrine, souriant à l'objectif. Photo classique, années 80.

La deuxième photo, celle qui était cachée derrière, scotchée comme un secret, montre quelque chose de beaucoup plus intéressant :

Marguerite Vrignaud — je reconnais son visage d'après les articles de journaux — assise devant la bourrine. À côté d'elle, un enfant d'une dizaine d'années, cheveux blonds, sourire timide, main posée sur l'épaule de la vieille dame.

Joël Renaud, forcément.

Mais ce qui me glace le sang, c'est la date inscrite au dos de la photo, à l'encre bleue délavée :

"Joël et Marguerite — 12 mars 1987"

Le 12 mars 1987.

La veille du jour où Marguerite a écrit dans son agenda : "C.B. est venue. Elle sait. Ils vont me tuer."

La veille.

Je regarde Chantal. Elle a pâli.

— Je… j'avais oublié cette photo. Je l'avais prise le jour où Marguerite m'a tout raconté. Pour garder un souvenir. Au cas où…

— Au cas où elle mourait, je complète doucement.

Chantal hoche la tête, les larmes aux yeux.

— J'aurais dû faire quelque chose. J'aurais dû aller voir les gendarmes. Mais j'avais peur. Les Giraudeau…

— Vous avez eu raison d'avoir peur, je dis. Les Giraudeau étaient dangereux. Ils le sont peut-être encore.

Je retourne la photo. Il y a autre chose d'écrit au dos, en plus de la date. Une phrase en lettres minuscules, presque illisible :

"Elle m'a demandé de protéger Joël si elle mourait. Je lui ai promis."

Le silence dans la cuisine est si dense qu'on pourrait l'emballer et le vendre comme isolant thermique.

— Vous avez protégé Joël ? je demande.

— J'ai essayé. Après la mort de Marguerite, il est allé vivre chez un oncle à Challans. Mais je le voyais souvent. Je lui apportais des gâteaux, je lui racontais des histoires sur Marguerite. Je voulais qu'il se souvienne d'elle. Qu'il sache qu'elle l'aimait.

— Est-ce que vous lui avez dit ce que Marguerite pensait ? Qu'elle croyait qu'on allait la tuer ?

Chantal hésite. Longtemps. Trop longtemps.

— Non. Il était trop jeune. Je voulais pas… le traumatiser encore plus.

Elle ment.

Je le sais immédiatement. Pas un gros mensonge. Juste une omission. Un détail qu'elle préfère garder pour elle. Mais ce détail est important.

— Chantal, je dis doucement, si vous savez quelque chose qui peut m'aider à comprendre pourquoi Malvaux est mort, vous devez me le dire. Maintenant.

Elle me regarde dans les yeux. Les siens sont humides, mais déterminés.

— Joël est un bon garçon. Il est jamais devenu violent. Jamais. Même après tout ce qui lui est arrivé.

— Ce n'est pas ce que je vous ai demandé.

Un long silence.

Puis :

— Il y a dix ans, Joël est venu me voir. Il voulait savoir la vérité sur la mort de Marguerite. Il avait des souvenirs fragmentés. Il se rappelait des disputes, des hommes qui venaient menacer sa tante. Il voulait comprendre.

— Et vous lui avez dit quoi ?

— Je lui ai dit ce que je savais. Que les Giraudeau voulaient les terres. Que Marguerite avait peur. Qu'elle est morte juste après avoir refusé de vendre.

— Comment a-t-il réagi ?

Chantal soupire profondément.

— Il a pleuré. Puis il m'a dit : "Un jour, la vérité sortira. Un jour, les Giraudeau paieront." C'était pas une menace. C'était juste… une promesse à lui-même.

Une promesse à lui-même.

Comme c'est poétique.

Et comme c'est dangereusement proche d'un mobile pour meurtre.

Fracas, qui a suivi l'échange avec l'attention d'un élève studieux, intervient soudain :

— Mais Chantal… Si Joël voulait se venger, pourquoi il tuerait Malvaux ? C'est pas Malvaux qui a tué Marguerite, c'est les Giraudeau, non ?

Question pertinente. Presque dérangeante de pertinence venant de Fracas.

Chantal réfléchit.

— Peut-être parce que Malvaux était comme eux. Un Parisien arrogant qui voulait voler les terres du marais. Peut-être que pour Joël, c'était… symbolique. Une manière de dire : "Plus jamais on nous volera nos terres."

Symbolique.

Encore ce mot.

Tout dans ce meurtre est symbolique. Les mogettes. La coiffe. La bourrine. La position face au sud. C'est un message. Un cri. Une revendication.

Et si Joël Renaud est l'auteur de ce message, alors c'est le meurtrier le plus littéraire que j'ai jamais rencontré.

Je me lève, range soigneusement la boîte en fer-blanc et les photos dans un sachet d'évidence.

— Chantal, merci pour votre coopération. Et pour le préfou. C'était excellent.

Elle sourit tristement.

— Vous allez arrêter Joël ?

— Je vais découvrir la vérité. Si Joël est coupable, oui, je l'arrêterai. Si ce n'est pas lui, je trouverai qui c'est.

— Il y a d'autres suspects, vous savez, dit-elle doucement. Solenn Berthelot, par exemple. Elle se bat contre les promoteurs depuis des années. Elle connaît toutes les plantes du marais, tous les poisons possibles.

— Solenn Berthelot sera interrogée. Tout comme Joël Renaud. Et Yann Giraudeau. Et tous ceux qui avaient un mobile pour tuer Malvaux.

Chantal hoche la tête.

— Une dernière chose, Commissaire. La bourrine du Charraud Sud… Elle est pas maudite par un fantôme. Elle est maudite par nous. Par notre silence. Par notre lâcheté. On a laissé Marguerite mourir sans rien faire. Et maintenant, son fantôme, c'est notre culpabilité.

Je la regarde. Cette femme de soixante-treize ans, drôle et attachante, porte un poids de culpabilité depuis trente-huit ans. Un poids qui pourrait écraser un homme plus jeune.

— Vous avez fait ce que vous pouviez, je dis simplement.

— C'était pas assez.

Je n'ai pas de réponse à ça. Parce qu'elle a raison. C'était pas assez. Mais c'est souvent comme ça, dans la vraie vie. On fait ce qu'on peut, et c'est jamais assez.

Fracas et moi sortons de la petite maison. Le soleil a percé les nuages, illuminant brièvement le marais d'une lumière dorée et irréelle. Les roseaux ondulent dans le vent comme des spectateurs applaudissant mollement une tragédie médiocre.

Dans la voiture, Fracas reste silencieux un moment. Puis :

— Hector… Tu crois que Joël a tué Malvaux ?

Je démarre le moteur, regarde la route boueuse devant nous.

— Je crois que Joël avait un mobile. Je crois qu'il connaissait les méthodes. Je crois qu'il avait une promesse à tenir. Mais j'ai appris une chose dans ce métier, Fracas : les évidences sont rarement vraies. Et les coupables évidents sont souvent innocents.

— Donc on va l'interroger ?

— On va l'interroger. Mais avant, on va parler à Solenn Berthelot. L'écologiste qui connaît tous les poisons du marais. Parce que je veux comparer les mensonges. Les mensonges se ressemblent rarement. Les vérités, si.

Fracas sourit.

— T'es carrément philosophe aujourd'hui, patron.

— C'est le préfou. Ça rend mélancolique.

Il rit. Ce rire léger, innocent, qui contraste tellement avec la noirceur de cette enquête que ça en devient presque obscène.

Je roule lentement sur le charraud, évitant les nids-de-poule qui pourraient avaler une voiture entière. Dans le rétroviseur, je vois Chantal Bardot debout devant sa maison, nous regardant partir.

Elle lève la main. Un geste d'adieu. Ou de bénédiction.

Ou d'excuse silencieuse envers Marguerite Vrignaud, morte depuis trente-huit ans, attendant toujours que quelqu'un dise la vérité.

— Fracas, je dis doucement.

— Oui patron ?

— T'es un miracle. Renverser du vin sur des photos et découvrir un indice majeur caché depuis quarante ans. C'est pas de la chance. C'est de la providence déguisée en catastrophe.

Félix rougit.

— Merci, Hector.

— C'était pas vraiment un compliment. Mais de rien quand même.

Le marais défile autour de nous, immense, indifférent, éternel.

Et quelque part dans ce labyrinthe de vase et de roseaux, un assassin respire.

Un assassin qui pense qu'il a rendu justice.

Un assassin qui croit que tuer Malvaux était une forme de réparation symbolique pour le meurtre de Marguerite Vrignaud.

Mais moi, je sais une chose :

Le meurtre ne répare jamais rien.

Il ajoute juste une couche supplémentaire de douleur sur un monde qui en contient déjà beaucoup trop.