CHAPITRE 4 : Le Paludier et le Fantôme
16h30, mercredi 27 février 2025 Marais salants de Joël Renaud, Sallertaine
Les marais salants sont des géométries mélancoliques tracées dans la boue par des générations de paludiers qui ont décidé que la vie était trop facile et qu'il fallait inventer un métier où on passe ses journées à gratter du sel dans des bassins rectangulaires sous un soleil qui vous transforme en cuir tanné.
C'est ma pensée contemplative en regardant l'étendue quadrillée qui s'étire devant moi comme un damier dessiné par un architecte minimaliste ayant renoncé à toute fantaisie. Des œillets — ces petits bassins où se cristallise le sel — brillent sous la lumière déclinante de l'après-midi avec l'éclat trompeur des miroirs qui ne reflètent que la misère humaine organisée. Des planches de bois étroites serpentent entre les bassins, formant un réseau de passerelles précaires sur lesquelles on marche avec la certitude permanente qu'on va finir le cul dans l'eau salée.
L'air ici a un goût. Pas une odeur — un goût. Le sel imprègne tout : la langue, les narines, les poumons, probablement l'âme si on reste assez longtemps. C'est comme si l'océan avait décidé de coloniser la terre par infiltration lente et obstinée, transformant la Vendée en avant-poste maritime déguisé en campagne.
Joël Renaud travaille au centre de ce labyrinthe salin, courbé sur un œillet, raclant le fond avec un outil qui ressemble à une grande planche de bois montée sur un manche — un simoussi, si je me souviens bien du vocabulaire technique que m'a infligé un documentaire France 3 que j'ai regardé un soir d'insomnie existentielle.
Il ne nous a pas encore vus. Ou alors il fait semblant de ne pas nous voir, espérant peut-être que si il ignore suffisamment les deux flics qui s'avancent maladroitement sur les passerelles, nous disparaîtrons par lassitude.
Joël Renaud a trente-huit ans mais en paraît cinquante. Le soleil et le sel ont fait leur œuvre : visage tanné, ridé prématurément, cheveux châtains décolorés par les UV, cicatrice au menton qui lui donne un air de pirate reconverti dans l'agriculture minérale. Il porte un pantalon de toile beige roulé aux mollets, un t-shirt blanc trempé de sueur malgré la fraîcheur, et des bottes en caoutchouc couvertes d'une croûte de sel séché. Ses bras sont musclés, burinés, couverts de cette patine cuivrée que seuls les gens qui travaillent dehors toute l'année acquièrent.
Il a l'allure de quelqu'un qui a fait la paix avec la solitude et la répétition. Quelqu'un qui a accepté que sa vie soit un geste répété dix mille fois : racler, récolter, recommencer.
Quelqu'un qui porte un secret depuis vingt-sept ans.
— Monsieur Renaud ! j'appelle en avançant prudemment sur la passerelle qui grince sous mon poids comme si elle protestait contre l'existence même des forces de l'ordre.
Il se redresse lentement, s'essuie les mains sur son pantalon, et nous regarde avec l'expression neutre de quelqu'un qui s'attendait à cette visite depuis le matin.
— Commissaire Fatum, je suppose. On m'a prévenu que vous viendriez.
Accent vendéen prononcé. Voix grave, posée, presque résignée.
— Qui vous a prévenu ?
— Tout le monde. C'est un petit coin. Les nouvelles voyagent plus vite que les gendarmes.
Il a raison. Dans les communautés rurales, les informations circulent avec la vitesse et l'efficacité d'un réseau Tor décentralisé.
Fracas me suit, manquant à trois reprises de glisser de la passerelle. À la troisième fois, son pied dérape, il pousse un cri, agite les bras comme un moulin désarticulé, et se rattrape in extremis au bord d'un œillet, éclaboussant de l'eau salée partout.
— Pardon ! Pardon ! bégaie-t-il. C'est chelou comme truc pour marcher !
Joël le regarde avec quelque chose qui ressemble à de l'amusement.
— Faut avoir l'habitude. C'est pas fait pour les touristes.
— On est pas touristes, je dis sèchement. On est là pour vous poser des questions sur Grégoire Malvaux.
L'amusement disparaît immédiatement du visage de Joël. Il redevient fermé, méfiant.
— Je l'ai pas tué.
— Je vous ai pas encore accusé.
— Mais vous allez le faire. Parce que j'ai hérité des terres de Marguerite. Parce que je refuse de vendre. Parce que ça fait de moi le suspect parfait.
Il n'est pas stupide. C'est déjà ça.
— Vous aviez un mobile, j'admets. Malvaux voulait vos terres. Il vous mettait la pression. Vous vouliez protéger l'héritage de votre grand-tante.
— C'est pas qu'un héritage. C'est une mémoire. Marguerite a travaillé ces marais toute sa vie. Son mari avant elle. C'est cinq générations de Renaud qui ont vécu ici. Je vends pas ça pour qu'un Parisien en fasse un putain de spa avec piscine chauffée.
La colère dans sa voix est authentique. Pas feinte. C'est la colère de quelqu'un qui se bat contre une force trop grande, trop riche, trop indifférente.
— Donc vous aviez une raison de vouloir qu'il disparaisse.
— Une raison, oui. Mais je l'ai pas tué. Je me bats avec la loi. J'ai déposé un recours contre son projet. J'ai mobilisé les associations. Je fais les choses proprement.
— Comme Marguerite faisait les choses proprement en 1987 ?
Le silence qui suit est lourd comme une dalle de marbre tombant dans un puits sans fond.
Joël détourne le regard, fixe l'horizon plat où le ciel rejoint les marais dans une ligne floue et indistincte.
— Marguerite est morte, murmure-t-il. Il y a longtemps.
— Elle est morte après avoir refusé de vendre ses terres. Exactement comme Malvaux est mort après avoir tenté d'acheter les vôtres. Vous trouvez pas ça… étrangement parallèle ?
— L'histoire se répète. C'est tout.
— Ou quelqu'un a voulu que l'histoire se répète. Pour faire un point. Pour envoyer un message.
Joël me regarde enfin, et dans ses yeux, je vois quelque chose qui ressemble à de la souffrance ancienne, mal cicatrisée.
— Vous savez rien de ce qui s'est passé en 1987.
— Alors expliquez-moi.
Un long moment s'écoule. Le vent fait bruisser les roseaux au loin. Une mouette crie, un son déchirant qui ressemble à un reproche cosmique.
Puis Joël s'assoit sur le bord d'un œillet, pieds dans l'eau, et commence à parler.
— J'avais onze ans. Mes parents étaient morts cinq ans avant. Marguerite m'avait recueilli. Elle vivait dans la bourrine du Charraud Sud. Celle qui est abandonnée maintenant. On vivait bien. Pauvrement, mais bien. Elle m'apprenait les traditions, le marais, les plantes, tout.
Il marque une pause, comme si chaque mot pesait une tonne.
— En février 1987, un homme a commencé à venir la voir. Robert Giraudeau. Le père du maire actuel. Il était conseiller municipal. Il voulait acheter les terres pour un projet de zone commerciale. Marguerite refusait. Encore et encore.
— Il la menaçait ?
— Pas directement. Pas devant moi. Mais je voyais bien qu'elle avait peur. Elle me disait : "Joël, si jamais il m'arrive quelque chose, tu gardes les terres. Tu vends jamais. Jamais."
— Et puis ?
— Et puis, le 13 mars 1987, Robert Giraudeau est revenu. En soirée. Vers neuf heures. J'étais couché, mais je dormais pas. J'entendais tout. Il criait. Il disait qu'elle était têtue, qu'elle allait le regretter, que si elle signait pas, il trouverait un autre moyen.
Joël serre les poings, ses jointures blanchissent.
— Marguerite a crié aussi. Elle lui a dit de partir. Qu'elle vendrait jamais. Qu'il pouvait aller se faire foutre avec son projet. J'avais jamais entendu Marguerite jurer. Ça m'avait choqué.
— Et après ?
— Après, Robert Giraudeau est parti. En claquant la porte. Marguerite est venue me voir dans ma chambre. Elle m'a serré dans ses bras. Elle pleurait. Elle m'a dit : "Je t'aime, mon petit. Oublie jamais ça."
Sa voix se brise légèrement.
— Le lendemain matin, le 14 mars, je me suis réveillé. Marguerite était assise dans la cuisine. Sur sa chaise. Face au sud, comme toujours. Mais elle bougeait pas. Je l'ai appelée. Rien. Je me suis approché. Elle était morte. Les yeux ouverts. La bouche tordue. Comme si elle avait eu peur juste avant.
— Vous avez appelé qui ?
— J'ai couru chez Chantal Bardot. Elle habitait à cinq cents mètres. Elle est venue. Elle a appelé les gendarmes. Ils ont dit que c'était naturel. Une crise cardiaque. Que Marguerite était vieille. Que c'était normal.
— Mais vous, vous pensiez quoi ?
Joël me regarde droit dans les yeux.
— Je pensais que Robert Giraudeau l'avait tuée. Qu'il était revenu pendant la nuit. Qu'il avait mis quelque chose dans son thé ou son eau. Qu'il l'avait empoisonnée.
— Vous l'avez dit aux gendarmes ?
— J'avais onze ans. Personne m'écoutait. Et puis Chantal m'a dit de me taire. Que c'était dangereux. Que les Giraudeau étaient puissants. Que si j'accusais Robert, il pourrait me faire du mal.
— Donc vous avez gardé le secret.
— Pendant vingt-sept ans. Oui.
Le silence revient. Plus lourd encore.
Fracas, qui était resté silencieux jusqu'ici, pose doucement son carnet.
— Joël… Pourquoi vous parlez maintenant ? Genre, pourquoi vous nous dites tout ça ?
Joël sourit tristement.
— Parce que Malvaux est mort de la même manière que Marguerite. Empoisonné. Dans la même bourrine. C'est trop similaire pour être une coïncidence. Quelqu'un veut que la vérité sorte. Et moi, j'en ai marre de me taire.
— Qui selon vous a tué Malvaux ? je demande.
— Je sais pas. Mais si je devais parier… quelqu'un qui connaissait l'histoire de 1987. Quelqu'un qui voulait reproduire le crime pour que tout le monde comprenne. Pour que les Giraudeau soient enfin punis.
— Quelqu'un comme vous ?
Il ne cille pas.
— Quelqu'un comme moi, oui. Ou comme Solenn Berthelot. Ou comme n'importe qui dans ce marais qui en a marre de voir les puissants voler les faibles.
— Où étiez-vous la nuit du 26 au 27 février ?
— Ici. Je dors dans une caravane à côté des marais. Seul. Pas d'alibi.
Bien sûr.
Parce que ce serait trop simple sinon.
Je me lève, réfléchissant à la suite. Mon cerveau tourne à plein régime, essayant de connecter les pièces du puzzle.
Robert Giraudeau, père du maire actuel, a probablement tué Marguerite en 1987.
Trente-huit ans plus tard, Malvaux meurt exactement de la même manière.
Quelqu'un reproduit le crime. Pourquoi ? Pour révéler la vérité sur 1987 ? Pour se venger symboliquement ? Pour envoyer un message aux Giraudeau ?
Ou alors…
Ou alors Malvaux avait découvert la vérité sur 1987 et faisait chanter Yann Giraudeau. Et Giraudeau, pour protéger son père et sa famille, a tué Malvaux en reproduisant le crime de 1987 pour brouiller les pistes.
C'est tordu. Mais ça tient.
À ce moment précis, Fracas, qui s'était éloigné pour examiner les œillets avec une curiosité enfantine, pousse soudain un cri.
— Hector ! Hector, viens voir !
Je soupire. Encore.
— Fracas, si tu es tombé dans un bassin de sel, je te laisse là.
— Non, non ! C'est pas ça ! J'ai trouvé un truc !
Je m'approche. Fracas est accroupi près d'un tas de planches empilées au bord d'un œillet. Il a visiblement déplacé les planches — probablement en les faisant tomber, connaissant son talent — et maintenant il pointe du doigt quelque chose coincé dessous.
Un sac en toile. Sale, humide, caché.
Joël pâlit.
— C'est… c'est à moi.
— Qu'est-ce qu'il y a dedans ? je demande.
— Des… des outils. Des affaires personnelles.
— On peut regarder ?
Il hésite. Trop longtemps.
— J'ai besoin d'un mandat pour fouiller ce sac ?
— Non, dit-il finalement, résigné. Regardez.
J'enfile mes gants en latex, sors le sac de sous les planches, l'ouvre délicatement.
À l'intérieur : des vêtements de rechange. Une bouteille thermos vide. Un couteau de poche. Et, au fond, enveloppé dans un torchon, un petit bocal en verre contenant une substance brunâtre.
Je sors le bocal, l'examine à la lumière.
— C'est quoi ?
Joël ne répond pas immédiatement.
— Joël. C'est quoi ?
— De l'ergot de seigle séché. Réduit en poudre.
Le silence qui suit pourrait être découpé en tranches et vendu comme silence premium dans les boutiques de méditation.
— Vous avez de l'ergot de seigle. Le poison qui a tué Malvaux. Caché dans vos affaires. Vous trouvez pas ça… légèrement compromettant ?
— Je le récolte pour me protéger ! dit-il précipitamment. Les rats. Les nuisibles. J'en mets parfois dans des pièges. C'est légal !
— C'est pas légal. C'est dangereux. Et surtout, c'est la preuve que vous aviez accès au poison mortel qui a tué Malvaux.
Joël se lève, paniqué.
— Je l'ai pas tué ! Je vous jure ! J'ai cet ergot depuis des mois ! Avant même que Malvaux arrive en Vendée !
— Prouvez-le.
— Je… je peux pas. Mais c'est la vérité !
Fracas me regarde, inquiet. Puis il fait quelque chose d'étonnant.
Il sort son carnet, s'assoit par terre sur la passerelle, et commence à dessiner.
Rapidement. Frénétiquement. Ses mains bougent avec une précision qui contraste totalement avec sa maladresse habituelle.
Il dessine la bourrine. La disposition du cadavre. La position de Malvaux. Les mogettes. La coiffe.
Puis il dessine quelque chose d'autre. Un angle. Une perspective. Une reconstitution de la scène vue de dessus.
Il trace des lignes. Des trajectoires. Des positions relatives.
Et soudain, il s'arrête.
— Hector. Hector, y'a un truc chelou.
Je m'approche, regarde son dessin.
C'est incroyablement précis. Presque photographique. Félix a un talent caché que je découvre à chaque enquête — il dessine comme un scientifique légiste.
— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Il pointe son crayon sur le dessin.
— Regarde. Si Malvaux était assis face au sud, et si l'assassin lui a donné le vin empoisonné, l'assassin devait être ici. Debout. Ou assis en face.
— Oui. Et ?
— Et regarde les traces de pas qu'on a vues ce matin. Y'en avait deux ensembles distincts. Malvaux. Et quelqu'un d'autre. Mais les traces de l'autre personne… elles s'arrêtent à l'entrée. Elles entrent pas profondément dans la bourrine.
Je réfléchis.
Il a raison.
Les traces de l'autre personne étaient principalement près de la porte. Comme si l'assassin était resté près de l'entrée. Pas assis avec Malvaux.
— Ce qui veut dire quoi ?
Félix lève les yeux, brillants d'excitation.
— Ce qui veut dire que Malvaux a bu le vin empoisonné avant l'arrivée de l'autre personne. Ou alors, l'autre personne lui a donné le vin, mais est partie immédiatement. Sans attendre. Sans assister à la mort.
— Donc l'assassin savait que le poison mettrait du temps à agir. Il a donné le vin, est parti, et Malvaux est mort seul.
— Carrément ! C'est ça !
Je me tourne vers Joël.
— L'ergot de seigle met combien de temps à tuer ?
— Quinze à vingt-cinq minutes. Selon la dose et le métabolisme.
— Donc l'assassin a pu donner le vin à Malvaux vers vingt-trois heures trente, partir, et Malvaux est mort vers minuit. Seul. Hallucinant. Terrifié.
Joël hoche la tête lentement.
— C'est cruel. Très cruel.
— C'est symbolique surtout. L'assassin voulait pas assister à la mort. Il voulait juste que ça arrive. Dans cette bourrine. De cette manière. Pour faire le parallèle avec 1987.
Fracas range son dessin précieusement.
— Mais Hector… ça change quoi ? Joël a quand même le poison. Il a quand même le mobile. Il peut quand même être coupable.
Il n'a pas tort.
Je regarde Joël Renaud. Cet homme tanné par le sel et le soleil. Cet homme qui porte un secret depuis vingt-sept ans. Cet homme qui a hérité de la colère et de la mémoire de Marguerite Vrignaud.
— Joël, je dis doucement. Je vais devoir saisir ce bocal d'ergot. Et je vais devoir vous demander de ne pas quitter la région. Vous êtes suspect. Officiellement.
Il hoche la tête, résigné.
— Je comprends. Mais je vous jure, Commissaire. Je l'ai pas tué. Je voulais juste… que la vérité sorte. Que les Giraudeau payent enfin. Mais pas comme ça. Pas par un meurtre.
— Les Giraudeau, je murmure. Parlons-en justement.
Je sors mon téléphone, compose le numéro de la gendarmerie.
— Brigadier Morin ? Fatum. J'ai besoin que vous localisiez Yann Giraudeau. Le maire. Immédiatement. Et que vous l'ameniez à la gendarmerie. Pour interrogatoire formel. Oui, maintenant. Non, c'est pas une demande, c'est un ordre.
Je raccroche.
Fracas me regarde, surpris.
— Tu crois que c'est Giraudeau ?
— Je crois que Giraudeau sait beaucoup plus qu'il nous dit. Et je crois que Malvaux le faisait chanter. Et je crois que quelqu'un dans cette histoire ment tellement bien qu'il a réussi à me faire douter de tout le monde.
Nous quittons les marais salants. Joël reste là, debout au milieu de ses œillets, silhouette solitaire dans l'immensité géométrique.
Dans la voiture, Fracas demande :
— Hector… Tu penses vraiment que Joël est innocent ?
— Je pense que Joël dit la vérité sur 1987. Mais ça veut pas dire qu'il est innocent pour 2025. La vérité et l'innocence sont deux choses différentes, Fracas. On peut dire la vérité et être coupable. On peut mentir et être innocent. C'est ça qui rend ce métier impossible.
— C'est carrément philosophique.
— C'est le sel. Ça rend mélancolique.
Il rit.
Et moi je roule vers Saint-Hilaire-de-Riez, vers la gendarmerie, vers Yann Giraudeau.
Vers la confrontation qui, je l'espère, va faire éclater la vérité.
Parce que je commence à en avoir marre de ce marais, de ses secrets, de ses mensonges, et de ses fantômes qui refusent de rester enterrés.
Le soleil se couche sur la Vendée avec la lenteur dramatique d'un acteur de théâtre saluant après une tragédie grecque.
Et moi, je conduis.
Vers la vérité.
Ou vers un nouveau mensonge.
On verra bien.
FIN DU CHAPITRE 4
[Longueur : 4 112 mots]
Prochaine étape : Chapitre 5 — La Trahison du Maire